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A MARGEM DO RIO

La marge face au supposé ordre

Synopsis du film

Récife, au Brésil. Izaquiel travaille dans une entreprise de nettoyage et partage un appartement avec quatre femmes transgenre. Un soir, alors qu’il se promène dans un lieu de drague en bord de rivière, il rencontre un homme, Jeremiah, qu’il trouve fascinant, et par lequel il se sent étrangement attiré. Mais leurs débuts d’ébats sont interrompus par un coup de feu : un jeune homme a été abattu dans la mangrove. Quelques jours après, Izaquiel, surpris avec deux clients se tripotant aux toilettes, est accusé par le responsable du magasin d’avoir participé à ces activités exhibitionnistes. Ayant besoin de ce travail, son patron lui donne une nouvelle chance en le mutant dans une église où officie un pasteur influent, dont le frère se présente aux prochaines élections pour devenir député…

Critique du film A MARGEM DO RIO

"A Margem do Rio" est un film brésilien découvert en compétition au Festival de Locarno 2026, qui a de quoi marquer les esprits, tant au niveau pictural que politique. Car en mettant un jeune homosexuel simultanément dans les bras d’un mystérieux pêcheur, toujours torse nu, semblant vivre dans la mangrove, et dans les pattes d’un pasteur autoritaire, c’est tout un discours sur la nature des gens en marges et le « danger » qu’ils représentent aux yeux des bien-pensants, qui se dévoilera progressivement. Magnifiquement photographié, le métrage fait la part belle à la chaleur des boisements qui bordent le fleuve, laissant luire les corps dans la nuit, alors qu’un certain érotisme se dégage entre les deux hommes, au sein de ce lieu réputé dangereux où les légendes locales se mêlent aux faits divers.

En parallèle se déroule une histoire au fond social, mettant le personnage face aux agissements douteux du pasteur, de son frère politicien, et de leur communauté aux règles bien établies. Au travers du symbole d’un baptême devenant embrigadement et des événements qui entourent la communauté LGBT, c’est toute une tendance radicale qui se dévoile au travers d’une histoire de mœurs au fond finalement très politique, qui mêle habilement la haine de la différence et la supposée défense d’un ordre moral. Dénonçant ainsi l’hypocrisie d’hommes de pouvoir et de religieux armés confondant justice avec violence comme rédemption avec soumission, "A Margem do Rio" est reparti de Locarno avec le Prix spécial du jury, grâce à une mise en scène brillante qui flirte ponctuellement avec le fantastique, entre rêves colorés et moments érotisants presque hypnotiques.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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