9 TEMPLES VERS LE CIEL
Une histoire de déclin, à l’intérêt qui va lui-même déclinant
Synopsis du film
Pour conjurer le sort, suite à une prédiction de son patron annonçant la mort de sa mère, un homme emmène toute sa famille, frère, sœur, enfants, cousins, dans un pèlerinage devant relayer 9 temples dans la même journée. Mais la grand mère décline de plus en plus…
Critique du film 9 TEMPLES VERS LE CIEL
Très proche du documentaire, "9 Temples vers le ciel" est réalisé par un des complices de Apitchatpong Weerasethakul, metteur en scène thaïlandais lauréat d’une palme d’or pour "Oncle Boonmee, celui qui se souvient de ses vies antérieures", portant un intérêt particulier pour le rapport à l’au-delà et le rapport des humains avec la nature et les esprits qui les entourent. Loin des mêmes élans oniriques, le premier long de Sompot Chidgasornpongse (1er assistant réalisateur sur "Cemetery of Splendour" et "Memoria") s’intéresse à la fin de vie, alors qu’un fils dont le patron a vu sa mère passer à trépas, entraîne ses frères et soeurs, ainsi que ses enfants dans un voyage de temples et temples, à travers la Thaïlande. Chaque étape est l’occasion d’une cérémonie et d’offrandes, filmées de plus en plus partiellement, la question de la santé de la vielle dame, de plus en plus léthargique, prenant le dessus au sein d’une intrigue des plus minimales.
Si l’intérêt pour le décorum des différents lieux de culte ne faiblit pas, il n’en va pas de même de celui pour les rituels, ceux-ci faisant entrer le spectateur dans une semi-routine qui laisse espérer que le trajet s’arrête avant le neuvième. Ce sera en effet le cas, l’obstination du frère ainé apparaissant finalement comme le sujet principal d’un métrage qui ne parvient pas à sortir de sa propre torpeur, même lors des voyages intermédiaires, où la caméra embarque dans le van avec la grand mère et ses enfants, ou dans la voiture qui suit, avec une partie de la génération d’après. Au final ce pèlerinage pour conjurer le sort, qui multiplie les personnages et qui ne parvient que très ponctuellement à émouvoir (l’échange avec la femme d’un des fils, la chanson que la grand mère aimait…), aurait sans doute mérité un scénario plus développé pour sortir du simple témoignage documentaire sur une culture d’Asie ici méconnue.
Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur


