TOP : 10 FILMS MARQUANTS DE LA CARRIÈRE DE JODIE FOSTER bannière © Claire Fridkin (licence CC-BY-SA-4.0)

7 JOURS EN JUIN

Un film de David Aboucaya

Pas évident le temps Normand

Synopsis du film

Le 6 Juin 1944, un groupe de parachutistes américains atterrit en Normandie avec une mission spécifique à accomplir contre l’envahisseur nazi. Problème, leur largage les a déposés à une certaine distance de leur destination. Les soldats sont contraints de se réfugier dans un petit village du nom de Graigne. Ils ne le savent pas encore, mais avec le soutien de la population locale, Graigne va se transformer rapidement en dernier rempart contre l’armée allemande…

Critique du film 7 JOURS EN JUIN

Dire que le thème de la Seconde Guerre Mondiale est une pierre angulaire de la filmographie de David Aboucaya serait un euphémisme. Hormis "Last Blues" (2015) et la farce zombiesque à la Call of duty "Dead Line" (2011), l'œuvre du bonhomme montre bien son intérêt indécrottable pour cet évènement si marquant de notre époque contemporaine. Il nous présente avec "7 jours en Juin" son maxi opus de part sa durée de 2h20 et sa reconstitution détaillée d’un événement historique de la résistance, autant française que des Alliés. Et c’est bien là un bon point qu’on peut allègrement donner à son réalisateur et son équipe : la finition du département artistique. Des costumes aux armes en passant par les décors, le soin apporté à rendre cet univers tangible est à souligner.

Tout nous semble vrai jusqu’à que la mise en scène s’en mêle, accompagnée d’un problème de mixage sonore trahissant au passage le côté « indépendant » de cette proposition dotée très certainement d’un budget limité. Notre immersion en prend malheureusement un sacré coup et même le jeune Laurent Guiot (collaborateur récurrent du réalisateur), dans la peau d’un résistant français, ne peut sauver une écriture qui paraît beaucoup trop artificielle lorsqu’un sujet de cette ampleur demande de tendre le plus possible vers une sensation de réel. Entre des dialogues qui sonnent faux, saupoudrés d’une pirouette scénaristique pour justifier que tout le monde parle français (pour une fois que c’est dans ce sens vous allez me dire...), le long métrage, même si doté de décors naturels retranscrivant bien le no man’s land qu’était le nord de la France à ce moment-là de notre Histoire, n’arrive jamais à se relever de ses tares techniques et d’un montage qui se la joue à l’américaine dans le sur-découpage des scènes de fusillades.

Dommage d’avoir recours à autant d’angles pour filmer des séquences de tirs (les plans drones sont une aberration immersive), d’autant que l’ensemble semblait remplir son cahier des charges quand il s’agissait de défourailler du fritz. Le rythme s’en voit bien entendu impacté et c’est avec pénibilité qu’on atteint le générique de fin avec un compteur beaucoup trop excessif qu’aucune idée de mise en scène ne viendra justifier. C’est dommage pour un film qui a sûrement été confectionné pour l'amour du sujet et de ces braves gens, soldats comme villageois, qui ont tout donné ce 7 Juin 1944 pour notre liberté. Le long métrage peut se targuer alors de ne pas raconter une énième fois un moment déjà connu du grand public et préfère se concentrer sur cet évènement méconnu. La musique toutefois, composée par le cinéaste lui-même, est à souligner comme un point fort et s’inscrit dans la plus pure tradition du genre, tout en symphonie, tour à tour atmosphérique et épique. On espère que le prochain essai sera son véritable magnum opus.

Germain BrévotEnvoyer un message au rédacteur

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