365 JOURS

Un navet infect qui fait l’apologie du viol !

En vacances en Sicile, une jeune Polonaise, Laura, est kidnappée par un jeune mafieux local, Massimo. Ce dernier lui explique qu’il l’a vue le jour de la mort de son père cinq ans auparavant et qu’il est obsédé par elle depuis. Il lui donne alors 365 jours pour tomber amoureuse de lui et promet de la libérer dans le cas contraire…

365 jours film

Sortie le 9 juin 2020 sur Netflix

On pourrait seulement dire que c’est un mauvais film de bout en bout, mal écrit et mal réalisé, bourré de situations et répliques caricaturales interprétées sans aucune subtilité, au point de se dire que certains téléfilms érotiques que diffusait M6 dans les années 1990 étaient finalement bien meilleurs. On irait presque conseiller aux fans de nanars de le regarder car les clichés sont légion et ont quelque chose de comique à cause du premier degré employé. Mais ce long métrage pose de trop graves problèmes éthiques pour qu’on puisse rire paisiblement.

On aurait pu espérer que le mouvement MeToo nous mettrait à l’abri des pires dérives machistes à l’écran. Ce film polonais, diffusé par Netflix, montre à lui seul que le chemin est encore bien (trop) long et il ferait presque passer "Cinquante nuances de Grey" pour un manifeste féministe ! Usant d’une esthétique porno chic aussi ringarde que grotesque, "365 jours" est purement et simplement un plaidoyer en faveur de la domination masculine en général et du viol en particulier !

Tout, absolument tout, de la moindre réplique au moindre geste, fait l’éloge de l’objectivisation des femmes au service du désir masculin, confondant au passage sentiment amoureux et attirance sexuelle. L’omniprésence des étranglements et des fellations (qu’un unique cunnilingus ne suffit évidemment pas à compenser) ne fait qu’insister sur la volonté du personnage mafieux de soumettre la jeune femme qu’il a enlevée, femme qu’il désire autant qu’il méprise et rabaisse. D’ailleurs, la VF (doublage comme sous-titres) est trompeuse, euphémisant par exemple son régulier « baby girl » en « ma jolie ». Non, il n’y a rien de joli dans le langage employé par ce protagoniste.

Si vous avez déjà des difficultés à comprendre comment des femmes peuvent s’amouracher d’un criminel ou d’un tyran, vous n’êtes pas au bout de vos perplexités si vous vous infligez le visionnage de ce film. "365 jours" véhicule en fait l’idée qu’un homme peut être désirable s’il exhibe son opulence, son pouvoir, ses flingues, ses muscles et sa bite ! Et hop, même séquestrée et agressée sexuellement par un tel mâle, une femme tombe sous le charme, même si elle a un fort caractère – la première apparition de Laura la montre en effet capable de tenir tête à un homme qui sous-entend qu’une femme ne peut pas faire son boulot.

Ce film crache ouvertement sur la notion de consentement et fait donc l’apologie du viol. Rien de moins. Avec la même trame de base, on pourrait imaginer que des cinéastes s’emparent de tels personnages pour proposer une analyse fine des formes les plus toxiques de domination masculine, pour les critiquer et les dénoncer. Mais on est ici à l’opposé de "Jusqu’à la garde" : les violences faites aux femmes seraient potentiellement romantiques ! Gerbant…

Raphaël JullienEnvoyer un message au rédacteur

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