13 JOURS 13 NUITS
Un gros manque de tension
Synopsis du film
Le 15 août 2021, les Talibans reprennent le pouvoir à Kaboul, alors que les troupes américaines se retirent du territoire afghan. L’ambassade de France reste ouverte, face à des flots de civiles qui voudraient quitter le pays, et ses employés s’appliquent à détruire ses fichiers et emmener ses disques durs. Le commandant Mohamed Bida parvient à récupérer Sadiqi, chef des renseignements afghans, planqué dans un restaurant et à la ramener à l’ambassade, dont il assure, avec ses hommes, la sécurité. Alors que la tentation est de laisser nombre de civils sur place, Bida tente de négocier avec les Talibans pour l’organisation d’un convoi de bus vers l’aéroport. Il va demander l’aide d’Eva, jeune humanitaire franco-afghane, présente sur les lieux depuis 5 ans…
Critique du film 13 JOURS 13 NUITS
Adapté du roman éponyme du Commandant Mohamed Bida, "13 Jours 13 Nuits" est un thriller signé Martin Bourboulon, l’homme derrière le décevant "Eiffel" et la réussite du diptyque haletant "Les Trois Mousquetaires" ("D’Artagnan" et "Milady"). Et malheureusement le résultat reste en demi-teinte, entre quelques scènes de foules plutôt réussies et un certain nombre de passages obligés qui viennent casser le rythme d’un thriller globalement en gros manque de tension. Loin de l’intensité du "Argo" de Ben Affleck (2012) sur l’exfiltration des otages de l’ambassade d’Iran en 1979, "13 Jours 13 Nuits" réussit cependant quelques scènes, telles que son ouverture (mission de récupération d’un collaborateur) ou le contrôle du convoi dans une trémie routière.
Il aligne malheureusement les maladresses scénaristiques, comme l’apparition soudaine du responsable du check-point taliban avec sa famille, auprès des portes de l’ambassade, alors qu’on nous présente les lieux comme une sorte d’impasse. Comment a-t-il fait pour arriver jusqu’ici, sous les yeux de ses propres hommes, avec femme et enfants ? Quant aux passages porteurs de valeurs, ils déboulent avec de gros sabots, du discours inspirant d’un Roschdy Zem caractérisé comme les autres militaires à minima, derrière lequel tout le monde se rallie sans qu’on comprenne vraiment pourquoi, aux moments où Lyna Khoudri désigne les « non identifiés » comme étant tous des artistes (les seuls persécutés ?), ou pire se permet de parler aux Talibans des civils qui veulent quitter le pays, en passant par la discussion tranquillou avec la soldate américaine, histoire de nous rappeler qu’ils n’ont jamais été « préparés à ça ».
Tout au long du film, on ne cesse de s’interroger sur certains ressorts dramatiques. On se demande par exemple pourquoi la mère d’Eva n’est pas dans le même bus qu’elle, mais dans celui des artistes et de la journaliste, si ce n’est pour renforcer artificiellement le suspense à l’arrivée sur le secteur de l’aéroport. Si le moment fut sans doute l’un des pires de l’histoire diplomatique et militaire de l’occident, ne resteront malheureusement de ce film que quelques scènes de foules (dans les « douves » de l’aéroport par exemple), dont on s’interroge forcément sur la crédibilité (le passage à la dernière porte de l’aéroport). A force de tenter de se la jouer film américain, "13 Jours 13 Nuits" en adopte finalement les mauvais travers. Dommage, qu’il y avait sans doute là matière à un récit mêlant détresse humaine et action, qui pouvait faire réellement froid dans le dos.
Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteurBANDE ANNONCE
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