100 MÈTRES

Un film de Kenji Iwaisawa

Que faire après avoir atteint son but ?

Synopsis du film

Togashi, collégien, est particulièrement doué pour la course. Lorsque débarque dans sa classe le mystérieux Kimuya, garçon timide et peu sociable, qui passe son temps aussi à courir mais manque de technique, Togashi se met à l’entraîner chaque jour après la classe. Mais lors de la journée du sport du collège, Kimuya fait une chute en pleine course. Peu de temps après, le professeur annonce le déménagement de Kimuya. Devenu un jeune adulte, Togashi est désormais un champion invaincu depuis de nombreuses courses…

Critique du film 100 MÈTRES

Sortie le 31 décembre 2025 sur Netflix

"100 Mètres", qui sortira chez nous soit directement en vidéo, soit lors de séances événements, est un animé japonais tiré du manga éponyme, qu’on a pu a découvrir dans la section Annecy Présente du Festival d’Annecy 2025. Course et objectifs personnels sont au centre ce long métrage sur la passion du sprint et l’envie de remporter, au moins une fois, une compétition. Questionnant au passage ce qu’il y a après la victoire, tout comme la capacité de dépassement de soi ou d’accomplissement, le film commence comme une histoire d’amitié inattendue (un collégien populaire entraîne en secret un nouveau camarade introverti, qui deviendra ensuite son rival), pour nous plonger dans des questionnements plus adultes.

La transition d’un âge à l’autre est d’ailleurs assez élégante, venant dans la suite du soudain déménagement de Kimuya. Elle consiste en une accélération de Togashi, alors qu’il s’entraîne, le chemin devenant traits, puis piste d’Athlétisme. Le changement de traitement graphique exprime lui aussi l’évolution des personnages, de l’espoir vers le professionnel, avec une première partie en animé au dessin 2D assez classique, et une seconde tournée en rotoscopie (retravail au dessin sur des images réelles), et reproduisant donc de manière fidèle le détail des mouvements et des postures des sportifs. Cela explique aussi la sensation de voir par moments certains décors, ressembler à des photos assemblées ou retravaillées (mention spéciale à la vue sur le terrain de jeu).

Parabole de l’impitoyable concurrence qui règne au Japon, "100 Mètres" questionne intelligemment l’épuisement (une végétation qui tremble soudainement), la routine de l’existence, et le devenir après le succès ou l’accomplissement. Quant à l’animation, elle réserve quelques belles audaces, d’un ralenti sur un visage simplifié en traits blancs, à un plan en plongé avec jambe qui se déforme, en passant par une magnifique scène d’orage aux textures du trait différentes et aux couleurs éteintes, une goutte d’eau donnant le top départ. Alors aucune hésitation : entrez dans la course auprès de ces personnages parfaitement humains.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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