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Festival Gérardmer 2026 : sélection Nuits Blanches
Si le Festival du film fantastique vosgien est connu et reconnu ce n’est pas seulement grâce aux différentes visions d’horreurs et autres bizarreries venant creuser dans un coin sombre de notre inconscient pour s’y loger, mais aussi pour son lot de franche rigolade entre festivaliers. Amis, amants, familles ou inconnus se retrouvent dans les salles obscures de l’Espace Lac à deux occasions pour tester leurs zygomatiques…et même parfois un peu leur résistance à la trouille. L’année dernière c’était la trilogie « X » de Ti West qui était mise à l’honneur, mais cette nouvelle édition est placée sous le signe des masques vengeurs ou démoniaques. Ce qui laisse une place de choix le vendredi soir avec la sobrement intitulée Nuits des masques où deux bons slashers des maisons seront projetés devant vos yeux écarquillés. Mais l’événement que l’on attend tous, c’est bien entendu la Soirée décalée, au moment où le festival bat son plein, le samedi soir, toujours à l’Espace Lac. Voyons voir ce que les programmateurs nous ont réservé.
La Nuit des Masques
Le vendredi soir constitue une proposition qui pose un dilemme chez chaque festivalier : pour ceux qui ne sont là que le temps du week-end, est-ce que ça vaut le coup de se coucher à pas d’heure la veille du coup d'envoi ? Pour les heureux élus qui ont la chance de parcourir le festival durant ces 6 jours (au lieu de 5, une première pour le festival), ils auront amplement le temps et la possibilité d’organiser leur planning de sorte à ce qu’ils puissent profiter de tout, sans être dans un rythme infernal. Et vous nous connaissez, on ne rechigne jamais devant un slasher movie et cette année pour le prix d’un, on en a deux.
Et c’est à "Night of the Reaper" de Brandon Christensen qu’incombe la lourde tâche de motiver les plus réticents à enchaîner les nuits blanches. Le pitch promet de respecter le canevas classique de ce sous-genre de l’horreur : une baby sitter accepte à contre cœur un job de dernière minute alors que pendant ce temps le shérif local fait une découverte étrange. On ne va pas énumérer tous les films qui nous passent par la tête en lisant ces lignes, mais on espère à minima une production honorable, au mieux quelque chose de surprenant dans la lignée de, par hasard, "The House of the Devil" de… Ti West. Le second n’est autre que "Dead by Dawn" du polonais Dawid Torrone et celui-ci a ce petit on ne sait quoi qui promet d’être une sorte de whodonit (à la Agatha Christie) en pleine répétition d’une pièce de thêtre. Il ne manque plus que ce soit brutal comme il faut, avec une écriture relativement soignée, et on pourra aller se coucher tranquille.
La Soirée décalée
Nous y voilà, au soir si redouté et attendu. Redouté à cause de la file d’attente aux alentours de minuit, la plus glaciale de toute, où les nerfs lâchent et qu’on commence à ne rêver que d’une chose…être assis au chaud sur un siège rouge de l’Espace Lac et taper la main de ses copains avant que le film ne commence. Et attendu déjà parce que la programmation est toujours aux petits oignons avec des pépites inédites chez nous comme "Love Milla" de Teemu Nikki, "Eat" de Jimmy Weber ou encore le music hall "The Lure" de Agnieszka Smoczyńska (dispo dorénavant sur Netflix), mais surtout pour la présentation de la soirée à venir par David « Fido » Rault. Performant tel un Elvis moderne sur scène, le présentateur et le visage du festival est toujours animé par une passion et une générosité qui rendent la soirée décalée toujours plus que de la déconnade : elle nous touche au cœur.
Mais parlons un peu de ces deux propositions. La première nous vient de chez nous, en France, avec "Flush" de Grégory Morin et son histoire abracadabrante d’homme coincé la tête la première dans des toilettes turques. Pas besoin d’en dire plus, vous ne croyez pas ? En quelques mots on sait déjà qu’on va avoir affaire à un objet complètement en roue libre, peut être digne des plus grands comme le fût "Sheitan" en 2006 de Kim Chapiron en son temps. On a le droit de rêver, hein. Le second risque bien de sonner comme la grosse farce de fin de soirée trop arrosée : "Hold the Fort" de William Bagley. Et le long métrage porte bien son nom, car il raconte les pérégrinations de propriétaires tentant coûte que coûte de protéger leur pavillon de banlieue contre… des monstres venus des enfers. La chose promet d'être potentiellement débile, en espérant que ce soit d’une meilleure tenue que "Destroy All Neighbors" l’année dernière où la blague se faisait longue… Ou c’est nous qui fatiguons à 4h du matin. Donc finalement, à ce dernier film on ne lui demande pas d’être grand-chose, mais au moins soit un bon somnifère soit un dernier fou rire pour la route. Ce qu’on peut affirmer c’est qu’on est encore gâté chez les Vosgiens : « y a pas à dire ils savent recevoir».
Germain Brévot Envoyer un message au rédacteur

