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Festival Gérardmer 2025 : Les nuits blanches et décalées

Comme à son habitude, le festival international du film fantastique de Gérardmer nous propose deux soirées bien particulières. Les habitués de ces événements trépignent chaque année d’impatience pour découvrir ce que les organisateurs nous ont réservé cette année. La fameuse soirée décalée du samedi soir est un rendez-vous incontournable pour tout amateur de franche rigolade et d’ovnis cinématographiques. Mais comme notre très cher cinéaste Ti West est à l’honneur cette année, ça se passera dès le vendredi soir à l’Espace Lac avec en projection pour la première fois en France des trois volets à la suite en salle obscure. « Pearl » ayant été un Direct-to-vidéo, jamais en hexagone la trilogie de Ti West n’a eu cette chance et on ne peut que vous conseiller d’aller jeter un œil si ces films vous sont étrangers ou pour le plaisir du marathon nocturne pour ceux qui les connaissent.

© 2024 Condor Distribution SAS

Nuit trilogie Ti West :

La projection de la trilogie du réalisateur américain nous donne l’occasion de nous repencher sur ces trois films uniques, à la distribution houleuse mais à la qualité indéniable, portés par la talentueuse Mia Goth ("Nymphomaniac", "A Cure for life", "Infinity Pool"). Trilogie qui s’amuse le long de ces trois volets à explorer les paradoxes de la machine Hollywoodienne, écrasante et violente, tout en étant vendeuse de rêve. Nous suivrons alors le personnage de Maxine Minx, qui commence sa carrière d’actrice dans le porno un peu crado tourné dans une ferme, et qui pourrait potentiellement devenir une star internationale. Cette saga qui ne ressemble à aucune autre forme un portrait d’un Amérique tiraillée entre ses fantasmes et une réalité plus crue, morbide et malveillante.

Le premier film : X

Le premier chapitre est donc sobrement intitulé "X", sorti en 2022 et nous présente ce personnage de Maxine avec son accent sudiste et son caractère bien trempé. Elle est alors engagée dans l’équipe technique d’un petit film pornographique, mais son rêve est bel et bien d’être devant la caméra, sous les feux de la rampe. La ferme louée pour l’occasion appartient à un vieux couple assez austère avant que l’on constate que la femme, Pearl, a aspiré aux mêmes rêves que Maxine et sa jalousie risque de lui porter préjudice. Pour celles et ceux qui n’ont pas eu la chance de le découvrir à sa sortie, "X" est un bijou d’horreur avec de vrais moments de frousse bien senties doté d’une réflexion sur le pouvoir de l’image et une analyse d’une Amérique profonde et son puritanisme paradoxal qui crée bien des monstres.

Le deuxième film : Pearl

Le deuxième film, "Pearl", n’a pas eu la chance de sortir sur nos écrans en France et quel affront ! Ce second chapitre sous forme de prequel, centré sur le personnage de Pearl, la vieille folle d’un précédent opus, est d’une intensité autant thématique qu’émotionnelle qu’on ne saurait que trop vous le recommander. Entre le chemin candide de cette jeune femme de la campagne aspirant à devenir la prochaine égérie d’Hollywood et le portrait dépeint autour d’un système familial et sociétal qui l’empêche d’assouvir ses rêves, le film revêt une noirceur totale lors de son final, qui en a marqué plus d’un. Chapitre essentiel et en parfait miroir avec son prédécesseur, "Pearl" constitue le joyau de cette trilogie.

Le troisième film : MaxXxine

Et pour finir, "MaxXxine", qui conclut la trilogie en beauté, en revenant au personnage du premier volet, Maxine Minx, la suit dans son ascension à Los Angeles alors qu’un terrible tueur en série s’en prend aux jeunes filles de l’industrie. Nous n’allons pas vous spoiler les multiples surprises que le film réserve, mais sachez que Ti West finit d’enfoncer le clou dans ce qui est l’un des portraits US les plus barrés, intelligents et acides qu’il nous ait été donné de voir.

Rendez-vous à l’Espace Lac le vendredi 31 janvier à partir de 22h.

La Nuit décalée :

S’il existe bien un événement dans l’événement, c’est bien le rendez-vous du samedi soir de minuit jusqu’à l’aube sur les sièges de l’Espace Lac. Véritable institution à part entière, la sobrement intitulée « soirée décalée » reste un des moments chéris et attendus des festivaliers, autant pour sa programmation déjantée que pour son animation mise en scène avec brio, toujours prompt à nous faire rire. Quand l’animateur arrive armé d’un fusil déguisé en lapin blanc, on est en droit d’en attendre beaucoup à chaque fois.

De la diversité au programme

Les films projetés ont tous comme point commun d’être des inclassables, de vrais ovnis dans le paysage cinématographique classique et cette année ne risque pas de faire exception. Alors que par le passé nous avons eu droit à des longs métrages fous comme "Sharknado 3" (Anthony C. Ferrante 2015), "The Lure" (Agnieszka Smoczyńska 2016) ou encore "Eat" (Jimmy Weber 2014) et cette liste non exhaustive montre bien la diversité présente à cette soirée où les bonnes surprises premier degré côtoient le monde du nanar.

Les 2 films de cette année

En cette 32ème édition, les Vosges nous réservent de bien belles surprises. Et pour commencer les festivités c’est avec un long métrage au titre aussi évocateur que intriguant : "L’Attaque de la Moussaka géante" de Panos H. Koutras sorti en 1999. L’histoire demanderez vous? Tout simplement un rayon extraterrestre qui touche une part de moussaka et la transforme en monstre géant détruisant tout sur son passage. Un pitch hallucinant qui nous rappelle les bonnes heures de films catastrophe décomplexés à mi -chemin entre le "Blob" (Chuck Russell, 1988) et "Big Ass Spider" (Mike Mendez, 2013).

Un second film sera prévu pour les plus courageux, alors que le commun des mortels auront les paupières qui se ferment d’autres n’attendront que la suite de cette programmation excitante. En seconde partie nous découvrirons "Deviant" de Daniel M. Caneiro dont c’est le second long métrage après la comédie horrifique "God’s Hill" sortie en 2019. Le long métrage nous racontera l’histoire d’un père de famille respectable et respecté qui, lassé de la monotonie de son quotidien, tente une application de rencontre pour se trouver une maîtresse. Il se rend alors au domicile de sa nouvelle amante mais se retrouve kidnappé à peine passer le pas de la porte. Il était loin de se douter qu’il mettait les pieds chez un psychopathe. Avec un pitch certes classique, sa seule présence à la soirée décalée nous assure d’une bonne péloche dérangeante et peut être même dotée d’humour noir. Alors préparez vos boissons énergisantes, prenez un bon beignet à la framboise confectionné par de sympathiques bénévoles et installez-vous tranquillement pour profiter de ce voyage unique que Gérardmer nous offre chaque année : un voyage aux confins du mauvais goût. Nous, on achète.

Germain Brévot Envoyer un message au rédacteur

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