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FILM COURT VILLEURBANNE 2007 - Programme francophone 1

VILLEURBANNE 2007
FESTIVAL DU FILM COURT

La programmation Française et Francophone 1

Tel père, telle fille
de Sylvie Ballyot

Niveau +2

Au son de la canne du père qui percute le sol, on ressent la vieillesse, la dépendance, l’accident, la douleur. Dans ce court-métrage qui laisse une sensation de froid, Sylvie Ballyot retranscrit la difficile entente entre un père et sa fille qui ne se ressemblent uniquement parce qu’ils ont tous les deux une attirance pour les femmes. Tel père, telle fille sexuellement. Point barre. Mais comme la fille n’est pas encore prête à le dire à son père, le fossé persiste. Pourtant, tous deux vivent un choc émotionnel qui pourrait les rapprocher, l’une au travers de sa relation homosexuelle qu’elle cache à son père, l’autre vis-à-vis de sa jambe amputée qu’il cache au public. Quand prendra-t-elle la décision de sortir du placard ? Cela aura-t-il l’effet positif de les rapprocher ? Ou bien cela les séparera-t-il encore plus ? Tels sont les questions que le court-métrage laisse en suspens et que pourraient explorer plus tard Sylvie Ballyot, pendant féminin de Sébastien Lichfitz (« Presque rien », « Wild Side »).

L’offre et la demande
de Frédéric Farrucci

Niveau +4

Excellent court-métrage, rappelant le meilleur des Caro et Jeunet (« Delicatessen »), à travers le portrait d’un jeune chômeur qui trouve du travail comme assistant légiste dans une morgue. Le lieu, l’atmosphère, la psychologie des personnages, les situations, les musiques sont dignes des plus grands ! On sent un vrai sens de la réalisation et du rythme de bout en bout. Les dialogues sont exquis tels ce lancé de phrasé au sujet d’un cadavre tout frais et rencontré encore vivant par l’assistant la veille : « mais il était vivant hier » ! Simple et fatal ! Et pour ne rien gâcher de cette ambiance Caro et Jeunet, l’acteur principal est le digne successeur de Dominique Pinon ! « L’offre et la demande », on en redemande !

Out
de Vincent Hazard et Jérémie Boucris

Niveau +3

La vie d’un boxeur défile dans sa tête alors qu’il est à terre sur le ring et que l’arbitre décompte le temps qu’il lui reste pour se relever. Tout y passe, son enfance, sa femme, sa mère... avec un objet leit-motiv qu’est la corde, celle qui entoure le ring, celle qui l’achèvera s’il ne se relève pas. La réalisation est l’atout majeur de ce court-métrage, léchée, au poil, sans oublier la plastique et le charisme du boxeur noir, Luvinsky Atché.

Dans leur peau
de Arnaud Malherbe

Niveau -1

Malgré son apparat de court drôle, sa star du Service Après-Vente des Emissions Fred Testot, et malgré une idée de départ sympathique (l’inhumanité du milieu professionnel), la mayonnaise ne prend pas. Essentiellement à cause d’une histoire arc-boutée d’imbroglios dont on ne croit pas une seconde et de nombreux comédiens peu crédibles qui en font trop pour rendre risible ce qui aurait été mieux de rendre sérieux et drôlement noir. Le choix d’un comique au ras des pâquerettes, je ne parle pas de Fred Testot qui fidèle à lui-même, sans non plus atteindre des sommets d’humour qu’on pouvait espérer, mais du style comique qui enfonce le court-métrage dans une banalité cauchemardesque dont on espère rapidement sortir mais qu’on traîne jusqu’à la fin avec un pitch du pire acabit.

La promenade
De Marina de Van

Niveau +3

Très bon court-métrage pour Marina de Van, réalisatrice, actrice, scénariste et dialoguiste, qui n’en est pas à son coup d’essai ! Elle a commencé à faire des courts il y a déjà 10 ans, a ensuite été engagée comme actrice chez François Ozon, puis s’est mis à la réalisation d’un long. Manifestement comme Ozon a dû le lui dire, les courts sont une bonne école pour se professionnaliser, se trouver et essayer des choses. La revoilà donc avec un court-métrage génial mené tambour battant par Gilbert Melki ! L’histoire est celle d’un père qui rêve d’une autre femme que sa propre épouse ! Melki emmène donc son père aux putes ce qui n’est pas sans traumatiser n’importe quel fils !

De Van se met également en scène, souvent dénudée, continuant à montrer que c’est une femme qui n’a pas peur. Elle n’a pas peur non plus des thématiques compliquées comme la sexualité de nos aïeux et s’en tire à merveille. Un ton enlevé, des dialogues percutants, des comédiens (presque tous) excellents, « La promenade » avec Marina c’est quand elle veut !

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Mathieu Payan Envoyer un message au rédacteur