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BERLIN 2009 - Des stars féminines d'envergure

Lors de la cuvée 2009, le festival de Berlin a mis à l'honneur les actrices américaines, d'un certain âges, venues défendre des films globalement légers pour la plupart, traitant de l'indépendance de la femme en différentes époques.

Commençons par l'exception, avec « Le liseur », adaptation signée Stephen Daldry (« Billy elliot », « The hours ») qui a récemment valu l'Oscar de la meilleure actrice à Kate Winslet. Naïf et dénué de passion dans sa description de la relation amoureuse d'une ex-nazi et d'un gamin de 17 ans, le film devient sombrement ennuyeux lorsqu'il tourne au procès. Heureusement le jeu de Kate Winslet (impénétrable et insensible) apporte le trouble, autant que deux scènes ultimes qui interrogent sur le pardon et la responsabilité face à l'histoire et l'humanité.De responsabilité il est aussi question, mais cette fois vis à vis de sa propre famille, dans le formidable « My one and only ». Servi par une Renée Zellweger frivole et conciliante, ce road movie jubilatoire, confronte une femme des années 50 à sa propre dépendance à l'argent et aux hommes, cherchant à tout prix un remplaçant à celui qu'elle vient de quitter. De mâles dangereux, en doux dingues, elle réussira, au fil des rencontres et des hasards, à reconstituer l'unité de sa famille autour de ses deux fils. Un film résolument positif.Des femmes indépendantes sont au contraire au coeur de « Chéri » de Stephen Frears (en salles le 08 avril), adapté du roman de Colette. Se moquant de l'amour et de ses tourments, une prostituée de luxe, symbole d'une belle époque décadente, prend sous son aile le fils déluré d'une ancienne tenancière. Ce film signe le grand retour de Michelle Pfeiffer, que l'on croit volontiers experte des choses de l'amour. Joutes verbales assassines et jeux de l'initiation et de la possession, ne sont pas sans rappeler le film qui avait autrefois uni l'actrice au même réalisateur: « Les liaisons dangereuses ». Un délice de joyeuse perversité.Dans « Happy tears », chronique contemporaine familiale, un rien barrée, Demi Moore et Parker Posey interprètent deux sœurs que tout oppose. La première, patiente et sage, n'a jamais quitté sa petite ville, où vit encore leur père, à moitié sénile. La seconde, success-woman clinquante et lointaine, revient pour quelques jours, forcée de s'intéresser à ce père qui déraille. De leurs affrontements renaîtra une amitié et un respect, grâce à l'apprentissage de la responsabilité vis à vis du père, et surtout à leur opposition à une fausse infirmière totalement droguée (Ellen Barkin, fabuleuse).Pendant que certaines font le choix du rapprochement avec leur famille, d'autres au contraire s'émancipent. C'est le cas de Robin Wright Penn dans le savoureux « The private lives of Pippa Lee », conte de l'épanouissement tardif d'une femme au foyer des plus soumises. Cessant progressivement d'être conciliante, perturbée par ses crises de somnambulisme (habilement mêlées à ses fantasmes), elle regarde son passé de manière décalé, s'apercevant qu'elle n'a jamais vraiment été actrice de sa vie. Son personnage confirme admirablement, que sous les caractères les plus discrets se cachent souvent les femmes avides de liberté. Mais comme l'a montré la cuvée 2009, si les époques et leurs codes ne permettent pas toujours cela, c'est avant tout la volonté qui fait la femme indépendante.

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Olivier Bachelard Envoyer un message au rédacteur