affiche film

RECOUNT


un film de Jay Roach

avec : Kevin Spacey, Ed Begley Jr., Laura Dern...

Lors des élections américaines de 2000, seulement 300 voix séparaient Georges W Bush et Al Gore dans l'Etat de Floride. Une situation qui engendra des semaines de suspense, et de nombreux recomptes des bulletins...


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Photo film

Trop partisan


La chaîne américaine cryptée « HBO » nous a habitué depuis des années à ses productions biographiques fleuves, mais aussi à quelques oeuvres politiques servant de poil à gratter (« Les soldats de l'espérance »...). En cette année 2008, voici qu'elle présente au Festival de Deauville une oeuvre sur les élections controversées de 2000, avec aux commandes, chose étrange, le réalisateur de « Austin Powers », Jay Roach. Bien entendue, le film a pour objectif de doter d'une conscience politique les gens qui n'auraient pas eu vent du scandale en question ou qui n'auraient pas suivi le feuilleton dans le détail.

Dans les faits, et le film fait preuve à cet égard d'un remarquable esprit de documentation et de reconstitution, la chronologie des évènements est remarquablement détaillée, des décomptes à la main considérés comme illégaux, aux jeux d'influences, en passant par les manifestations qui faisaient craindre le chaos, ou les prises de position de certains élus contre les jugements de la Cour suprême. Si tout cela fleure bon la manipulation de grande échelle, on est tout de même surpris par la grosseurs du trait quant à certains personnages, comme la juge / secrétaire d'Etat aux élections (interprétée par la prétrifiante Laura Dern), impassible, qu'on sent autant manipulée qu'agacée de sa perte de pouvoir.

On ne sera pas non plus convaincus par la mise en scène. Jay Roach aligne ainsi sur le début, des interviews de juristes ou des interventions de politiques, face caméra, plombant ainsi l'action. Puis il use et abuse d'une musique pompeuse, notamment lors des entrées de l'équipe d'avocats. Enfin, il termine avec des discours sur les dangers pour la démocratie, à partir notamment d'images réelles ou, sur la fin, d'un discours en « off ». L'exercice était certes utile, mais il aurait peut être mérité plus de préparation, de manière à rendre le tout fluide et palpitant.

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