affiche film

© StudioCanal

MON KET


un film de François Damiens

avec : François Damiens, Matteo Salamone, Tatiana Rojo, Christian Brahy…

Dany Versavel est en taule, loin de son fils. Il manigance alors une évasion pour retrouver son « ket », le sortir de l’école et lui apprendre la vie, la vraie…




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Photo film

Connard, prince des cœurs

Avant d’être l’acteur reconnu par le cinéma français, François Damiens s’est fait connaître grâce à ses caméras cachées belges, avant de sévir en France avec le même succès, vu que tout le monde finissait par le reconnaître dans le royaume des frites. « Ah bon ? Tous les Belges me reconnaissent maintenant ? Et bien c’est ce qu’on va voir ! », a dû se dire François Damiens en prenant sa plume pour écrire son premier film en tant que scénariste-réalisateur-acteur principal ! Alors pour passer incognito dans les rues et les commerces belges, Damiens a redoublé d’efforts dans le grimage jusqu’à se mettre un physique de ZZ Top croisé avec ceux de Depardieu et Johnny Halliday ; soit une barbe bien fournie, un menton comme une enclume et un sacré cœur de rockeur.

L’histoire, c’est celle d’un grand gaillard qui cherche à s’évader de prison pour retrouver son fils et passer du temps avec lui. Sur sa route l’homme rencontrera le peuple, des gens ordinaires mais qui, s’en apercevoir, finiront par devenir des stars de cinéma ! Car hormis Damiens, son fils et quelques autres complices, tout le reste du casting du film est interprété par des non-professionnels qui ne savaient même pas qu’ils étaient filmés, piégés par une caméra de cinéma cachée à leur insu. Et c’est là que la magie opère, c’est là que Damiens nous montre la frontière ténue entre cinéma de fiction et documentaire. Il tourne du faux (une fiction) avec du vrai (de vrais gens) ! Il marche ainsi sur les pas de Sacha Baron Cohen (avec ses fameux « Borat » ou « Bruno ») et de Camille Cottin (« Connasse, princesse des cœurs »).

A la différence de ces deux comiques précités, qui font d’eux les personnages principaux de leur film reléguant les figurants du « monde réel » à des faire-valoir, Damiens choisit d’étudier la société dans laquelle il vit et de se confronter vraiment aux réactions des personnes qu’il croise. Ainsi, il ira – souvent – jusqu’à se mettre en retrait et laisser les piégés se révéler face à lui. Damiens reçoit alors le plus beau des cadeaux qu’un metteur en scène puisse rêver : le naturel de ses comédiens ! Et le spectateur de découvrir des personnalités incroyables, des gens touchants, certains au grand cœur, d’autres à la gouaille et la verve marrantes (on apprend à la fin du film que Damiens a tourné les scènes de son film plusieurs fois, à différents moments, pour pouvoir choisir ensuite le ou les comédiens en herbe qu’il garderait au montage !)

Voilà donc le point très fort de ce film tourné en caméra caché. Car finalement l’histoire de « Mon Ket » en devient presque secondaire ! Saynète après saynète, le spectateur est surtout touché voire émerveillé par les réactions de ces petites gens. L’ancien délinquant dans la salle d’attente, le SDF sur son banc, l’artiste qu’il drague, la cliente du bureau de tabac, l’employé du parking souterrain, le dépanneur… On n’est pas prêt de les oublier, contrairement au scénario gadget du film prétexte à mettre en valeur ces comportements humains bien réels qui font du bien et qui donnent du sens à la vie. Le message principal du film c’est bien celui-ci : certes l’école t’instruit, mais il y a tout aussi important : les valeurs qui te sont inculquées. Le père réussit à montrer à son fils le respect, la tolérance, le bien-vivre ensemble ou l’entraide, au contact d’une société pas complètement perdue. Et rien que pour ça, "Merci" M. Damiens !

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