affiche film

IT’S FOR YOU


un film de Bruno Lázaro Pacheco

avec : Joris Jarsky, Debra Felstead, Edith Tankus, Sundra Rue Ros…

Julián, étudiant à Toronto, rentre chez lui après un séjour à Barcelone. Obsédé par la relation passionnelle qu’il y a vécue avec Sundra, une jeune mannequin, il décide de lui envoyer des vidéo-lettres…


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Photo film

Un chef-d’œuvre simple et bouleversant !


Ils sont rares ces films-là qui vous captent immédiatement l’œil et le cœur ! Dès les premiers instants, on se croit entré dans un auto documentaire intime et même si on comprend rapidement qu’il s’agit bel et bien d’une fiction, le ton est donné : ça sent le vécu, l’authentique, le vrai, l’humain ! Le granulé de la vidéo numérique nous entraîne symboliquement dans le fond du personnage, qui brosse lui-même son portrait, dans une narration simple et néo-romantique. Evidemment, en s’adressant à Sundra, Julián s’adresse à nous et il nous est ainsi encore plus facile de se laisser embarquer dans sa vie. Etrangement le film ne tombe jamais dans le voyeurisme, même dans les séquences d’un certain érotisme. C’est intime mais aussi réellement pudique et sincère : très loin des émissions de télé-réalité donc !

L’impression d’authenticité est aussi renforcée par une part non négligeable d’improvisations, palpables et très réussies, qui semblent rapprocher le film de l’œuvre de John Cassavetes. « It’s for you ! » semble aussi être un hybride réussi entre théâtre et cinéma, un héritier du cinéma underground en moins excentrique et moins prétentieux, et une déclaration d’amour à… tellement de choses ! Bruno Lázaro Pacheco s’en donne à cœur joie en alternant les rythmes, les rires, les larmes… et s’adonne par-ci par-là à la contemplation avec des plans quasi abstraits, purement esthétiques : traces d’avions dans le ciel, graffitis…

La principale virtuosité du film tient en son utilisation du numérique. Contrairement à nombre de films, il n’est pas seulement question ici de simple économie. Le média numérique et le processus filmique sont intégrés à la narration, faisant du réalisateur comme du spectateur des personnages à part entière. Sans parler du potentiel esthétique de la vidéo dont Bruno Lázaro Pacheco tire profit avec magnificence ! Preuve qu’on peut faire du grand cinéma sans pellicule ! Un film qui mériterait d’être beaucoup moins confidentiel !

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