affiche film

© Ad Vitam

DOLLS


un film de Takeshi Kitano

avec : Miho Kanno, Hidetoshi Nishijima, Tatsuya Mihashi, Chieko Matsubara, Kyoko Fukada, Tsutomu Takeshige...

Trois histoires d'amour fou. Un jeune homme se laisse convaincre par ses parents d'épouser la fille de son patron. Sa fiancée, abandonnée, tente de se suicider. Lorsque son amoureux revient, il la trouve dans un état d'absence quasi permanent, et décide de s'occuper d'elle. Ils finiront enchaînés l'un à l'autre, errant dans un parc, et croisant à plusieurs reprises, deux autres couples rendus impossibles…


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Photo film

Sous la beauté formelle, la passion, par ses excès, a du mal à émouvoir


Takeshi Kitano abandonne ses yakusa, ses tueries ultra violentes, pour plonger dans un récit de trois passions contrariées par une réalité sociale ou financière. Ses trois histoires ont pour base l'impossibilité sociale de l'union : volonté d'ascension sociale dans le premier, ambition et codes sociaux dans le second, star system et fanatisme dans le dernier. Tous ces récits sont donc tournés exclusivement côté cœur, montrant les excès auxquels chaque être est prêt à consentir, par amour, quitte à passer pour fou.

Certains s'enchaînent symboliquement et deviennent clochards, d'autres attendent pendant trente ans que leur amoureux revienne s'asseoir sur le même banc, d'autres encore se crèvent les yeux pour mieux voir leur idole, et pour pouvoir l'approcher. Au travers de ces contes, mêlés, le premier couple, sert de fil rouge et de lueur d'espoir, démontrant la possibilité d'une rédemption, et d'un amour réel, loin du dépit. Thème cher à Kitano, la preuve d'amour est au centre des trois volets de son film, comme elle l'était au cœur de son plus grand film " Hana-Bi " (feux d'artifices).

Ici cependant, l'équilibre entre réalité, société violente et amour hors du temps est quelque peu perdu. Seule la troisième histoire, celle de la star enfantine, au look d'écolière délurée, nous raccroche à une société en perte de repères et valeurs. On regrettera ce détachement, et ce rythme unitaire dans sa lenteur, qui, sur la longueur, finissent par faire presque oublier la beauté des véritables tableaux que Kitano met en image. Une demi-réussite.

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